Souffle

Vincent Germain

C’était le mois de juillet, un mois torride et beau où aucun nuage ne pouvait se voir à des kilomètres à la ronde. Je voulais quitter le chahut de la ville. C’est pourquoi j’avais loué une vieille maison banale dans un coin perdu de la campagne. Un coin tranquille et harmonieux où les arbres avaient remis leurs manteaux verts.

Je commençais à emménager mes boîtes, une à une dans la maison. Soudainement, j’aperçus un homme au loin. Un homme habillé de noir de la tête aux pieds. Je ne sais pas ce qu’il voulait, mais il était fou d’être habillé comme ça, surtout sous un soleil de plomb comme aujourd’hui. J’ai voulu l’interpeller, mais l’homme commença à souffler à pleins poumons.

D’un coup, son souffle m’envoya une bourrasque verte m’aveuglant complètement. Je n’avais pu avancer d’un pas. Quand ça s’est arrêté, l’homme avait disparu, ne laissant aucune trace. Seuls restaient les arbres, dépouillés de leurs feuilles.

Les heures passèrent, je continuai à emménager dans ma maison. Sans le savoir, le ciel s’assombrit doucement. Quand je m’en suis aperçu, il devint tout noir. Ce ciel ténébreux aux nuages obscurs et menaçants n’annonçait rien de bon. Avec inquiétude, je terminai mon emménagement rapidement pour ne pas subir les premières pluies de la campagne.

Une fois à l’intérieur, je n’eus le temps que de fermer la porte. Déjà, la foudre, la pluie et le vent s’acharnèrent sur ma maison comme des diables. Cet orage était plus qu’une tempête maintenant. Il était énorme, violent et ravageur, déracinant les arbres et fracassant mes fenêtres. Je fus projeté contre le mur par le souffle de l’ouragan, regardant mes assiettes, mes vêtements et quelques boîtes voler et tournoyer à l’intérieur de la maison. Je commençai à crier, mais les sons de ma voix furent engloutis par le fracas des arbres dehors. La nature s’abattit  sur moi avec tellement de violence que la peur m’envahit entièrement.

J’entendis un grand bruit d’effroi. Je sus que la tempête m’emportait au loin avec elle. Regardant par une des fenêtres, je vis des nuages rouges. Ces nuages avaient la forme d’yeux et d’un sourire malicieux. Je compris soudainement que c’était l’homme habillé de noir qui apportait cette tempête sur moi comme sur ses autres victimes auparavant. Mon âme fut dévorée par cet être d’un autre monde.

Le lendemain, l’homme réapparut avec une pancarte et un maillet. À chaque coup qu’il donnait pour planter sa pancarte, il riait malicieusement. Puis, il partit attendre sa prochaine victime, laissant sa pancarte là. Une pancarte dont les seuls mots étaient : «Terrain à vendre.»

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